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CLINIQUE JURIDIQUE et MANAGERIALE "LM" ( Dr. Oswald KPENGLA-S. )

ECHANGES PLURIDISCIPLINAIRES

VERITE ET POLITIQUE

Publié le 8 Octobre 2013 par Dr Oswald KPENGLA-S in PAN-AFRICANISME

VERITE ET POLITIQUE

Texte de Allan KITT

"La vérité est une denrée périssable. On a souvent dit que la première victime en temps de guerre, c'est la vérité. Cela implique que, pour gagner la guerre, on est obligé de tromper l'ennemi : l'effet de surprise est primordial. Un gouvernement peut même se sentir obligé de mentir à son propre peuple, puisque sans le soutien de celui-ci il est impossible de maintenir l'effort de guerre. D'où la tentation d'exagérer les victoires et de minimiser les échecs ; et il faut dire que bien souvent le peuple le veut ainsi.

Même en temps de paix, il arrive souvent que la vérité soit victime de la politique. Des dictatures sont amenées à mentir et à se servir de propagande pour garder le pouvoir. La vérité est cependant peut-être encore plus menacée dans les pays démocratiques, car chaque parti a besoin du soutien du public pour sa politique contre celle des partis adverses. Cela est d'autant plus vrai dans notre ère de communications électroniques instantanées, où gouvernements et oppositions sont constamment - pas seulement en périodes d'élections - à la pêche aux voix par médias interposés. Ainsi la politique devient une campagne électorale permanente. L'important n'est plus l'action en elle-même, mais l'apparence de l'action.

On se sert des médias pour bien présenter la politique qu'on poursuit, au point même parfois de donner l'apparence en public de poursuivre telle politique, tandis qu'en réalité on en poursuit une tout autre. Mais, selon la parole bien connue attribuée à Abraham Lincoln, on ne peut pas tromper constamment tout le monde. Le sentiment qu'ont beaucoup d'avoir été trompés explique en partie le cynisme ambiant à l'égard des pouvoirs politiques, ainsi que l'effondrement de la participation électorale dans beaucoup de pays développés.

Nous devons cependant éviter cette suffisance qu'affichent souvent les médias et le public envers les politiques. Au Royaume-Uni, le journalisme et la vie politique sont les moins considérées des professions, car les moins crédibles. Dans les démocraties libérales, les médias prétendent chercher la vérité et exposer la turpitude morale de manière désintéressée. Parfois ils le font, et nous devons être reconnaissants quand ils démasquent mensonges, corruption et manque d'intégrité. Les médias ne sont cependant pas au-dessus de tout soupçon, et cela pour deux raisons.

Pour attirer lecteurs et téléspectateurs, ils peuvent vouloir présenter ce que, selon eux, leur public veut lire ou entendre. Ensuite, les médias souhaitent aussi participer aux campagnes politiques, faire et défaire des candidats aux élections. La presse a comme origine, en partie, ce rôle qui consiste non à informer de façon désintéressée, mais d'être un instrument de propagande et de pression politique. Cela peut conduire à exagérer tel argument et à déformer la vérité. Dans une société post-moderne cette tentation peut paraître d'autant plus plausible que l'on croit qu'il n'y a pas de vérité objective, que tout ce qui compte c'est sa propre perception de la vérité.

Tous concernés !

Mais si nous définissons momentanément le comportement «politique» comme étant le désir d'exercer le pouvoir, d'obtenir ce qu'on veut à tout prix, même si cela amène à mentir et déformer la vérité, à manipuler les autres à leur insu et contre leur gré, nous voyons que la question de « vérité et politique » ne touche pas seulement les hautes sphères politiques, mais tous les niveaux d'interaction humaine : la famille, l'entreprise, toute organisation bureautique, les églises et organismes para-ecclésiastiques."

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