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CLINIQUE JURIDIQUE et MANAGERIALE "LM" ( Dr. Oswald KPENGLA-S. )

ECHANGES PLURIDISCIPLINAIRES

LE CHÊNE ET LE ROSEAU

Publié le 22 Mai 2016 par Dr Oswald KPENGLA-S in LITTERATURE FRANCOPHONE

Le Chêne un jour dit au Roseau:

«Vous avez bien sujet d’accuser la Nature;

Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.

Le moindre vent qui d’aventure.

Fait rider la face de l’eau,

Vous oblige à baisser la tête:

Cependant que mon front, au Caucase pareil,

Non content d’arrêter les rayons du Soleil,

Brave l’effort de la tempête.

Tout vous est Aquilon; tout me semble Zéphir.

Encore si vous naissiez à l’abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage;

Vous n’auriez pas tant à souffrir:

Je vous défendrais de l’orage;

Mais vous naissez le plus souvent

Sur les humides bords des Royaumes du vent.

La Nature envers vous me semble bien injuste.

- Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,

Part d’un bon naturel; mais quittez ce souci.

Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.

Je plie et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici

Contre leurs coups épouvantables résisté sans courber le

dos;

Mais attendons la fin.» Comme il disait ces mots

Du bout de l’horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants

Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.

L’Arbre tient bon; le Roseau plie:

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu’il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine,

Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

La FONTAINE (Jean De)

Toi, le Chêne d’ici ou d’ailleurs, penses-tu à ces grands vents ?

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