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CLINIQUE JURIDIQUE et MANAGERIALE "LM" ( Dr. Oswald KPENGLA-S. )

ECHANGES PLURIDISCIPLINAIRES

DANS L’ANTRE DES GOUVERNANTS AFRICAINS

Publié le 30 Décembre 2013 par Dr Oswald KPENGLA-S in PAN-AFRICANISME

DANS L’ANTRE DES GOUVERNANTS AFRICAINS

La moralité et les mœurs des hommes politiques alimentent avec constance la chronique politique. L'intimité des dirigeants intéresse. La vie des hommes illustres s'affiche en images d’Épinal bien convenables dans le faste feutré des palais nationaux ou dans le havre discret d'une famille unie et honorable. Tissée d'immoralité, d'intérêts particuliers et de fréquentations douteuses, tenue secrète, elle procure régulièrement des épisodes dramatiques en fournissant par la révélation d'une conduite discutable, la matière première des "scandales" et des affaires dont la presse se délecte et se délectera encore.

Il est difficile pour des gouvernants d'obtenir l'obéissance des populations déjà fragiles aux lois qu'eux-mêmes ne respecteraient qu'imparfaitement, ou de demander des efforts et des sacrifices au peuple lorsqu'ils donnent l'image d'une vie dissolue dans une atmosphère de fête et de dilapidation, et le sentiment de faire prévaloir leur intérêt particulier sur l'intérêt commun ; il suffit de voir la nature de leurs biens et le solde de leurs comptes bancaires ici en Afrique et en Europe pour s’en convaincre.

Cette considération générale prend évidemment un relief particulier dans nos pays africains, aux systèmes politiques poly-hybridés, où l'activité politique est fondée sur la compétition électorale malsaine pour conquérir les positions de pouvoir qu'on s'efforce de garder contre vents et marrées, en courant par monts et prés.

Les dirigeants Africains, vivent donc pour la plupart dans un monde rose et ne savent pas que leur peuple souffre. Ils sont comme dans un antre où ruisselle le miel, un antre où les alouettes tombent toutes rôties du ciel. Dans leur vie muséale où l’abondance et l’excès sont leurs seules sources d’inspiration, ils ne savent pas que leur peuple se meurt.

Le peuple lui-même, ''incivique'', inculte et immature se laisse berner. Comme l’a si bien dit GÉRARD CONAC, « dans l'immédiat, le civisme est conçu et compris comme une allégeance au chef, une mobilisation au service de ses souhaits, de ses projets, de ses rêves. » Peuple africain, ouvre tes yeux pour une NOUVELLE AFRIQUE.

Mais nos dirigeants savent-il ce que signifie, être chef ? Sans vouloir donner des leçons, lisons ensemble ces lignes.

1- Le chef, c’est étymologiquement celui qui est à la tête, ou mieux encore, celui qui est la tête. C’est la tête qui voit, c’est la tête qui pense, c’est la tête qui fait agir dans l’intérêt bien compris du corps tout entier.

2- Le chef, c’est celui qui sait, qui veut, qui réalise, et aussi celui qui fait savoir, qui fait vouloir, qui fait réaliser.

3- Le chef, c’est celui qui, sachant ce qu’il veut, sait aussi proportionner l’effort à l’effet qu’il veut obtenir.

4- On n’est chef que dans la mesure où l’on est capable de faire partager à un groupe quelconque l’idéal dont on vit, pour l’amener à le réaliser malgré tous les obstacles.

5- Décider n’est rien, ce qui importe c’est que les décisions soient exécutées ; c’est pourquoi être chef ce n’est pas seulement commander, mais aussi choisir ceux qui doivent réaliser, les éduquer, les animer, les soutenir, les contrôler.

6- Quand vient l’heure des décisions à prendre, des responsabilités à encourir, des sacrifices à commander, où trouver les ouvriers de ces entreprises risquées, sinon dans ces natures supérieures, imprégnées de la volonté de vaincre, voyant nettement les seuls moyens qui conduisent à la victoire, et qui trouvent le courage de tout risquer.

7- Comprenons bien le sens et la grandeur du nom « chef ». Le chef, c’est celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer. Ce n’est pas celui qu’on impose, c’est celui qui s’impose. Pour commander aux hommes, il faut savoir se donner.

8- Être chef, ce n’est pas seulement faire une œuvre, c’est surtout faire des hommes, les conquérir, les unir ; les aimer et en être aimé. Saint-Exupéry, dans Terre des Hommes, dit : « La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes ». Cela est particulièrement vrai du métier de chef.

9- Le chef, c’est autre chose qu’un président. Un président est par définition non un homme debout, mais un monsieur assis qui arbitre les avis des présidés et en dégage une majorité prépondérante. Il peut être habile, influent, mais il ne commande pas, ce n’est pas un chef.

10- Voulez-vous savoir quel est le véritable chef d’une entreprise ? Demandez-vous à qui, en cas d’échec, serait imputée la responsabilité.

11- Être chef ne consiste pas à faire preuve de vigueur, d’éloquence, d’audace ou d’habileté. Être chef ne consiste pas non plus à rassembler au tour de soi des adhésions sentimentales ou des intérêts. Être chef consiste essentiellement à savoir faire travailler les hommes en commun, reconnaître et utiliser au mieux les capacités de chacun. Le chef sait indiquer la place la plus efficace pour l’un comme pour l’autre, il sait donner à tous, le sens de leur solidarité et de leur égalité devant la tâche dont ils sont responsables aux postes différents d’une même équipe.

12- Le chef ne se reconnaît ni à l’électricité du regard, ni à la proéminence du maxillaire, ni à la minceur des lèvres, ni au tranchant de la voix. Il est des chefs aux yeux doux, au ton modeste, au visage sans apparence ; il en est même, comme saint Paul, de laids et de chétifs, et les plus grands détestent l’étalage. Le chef ne se définît pas par des signes extérieurs, mais par une mission propre. Il est avant tout celui qui prend la charge des autres.

La suite dans une autre publication.

Votre serviteur.

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